Guerres et religions, liaisons fatales ?

 

Je me laisse étonner par quelques paroles d'une chanson... Y a-t-il un lien logique et indéfectible entre religion et guerre ? Qu'en est-il de ce lien qui sonne aujourd'hui comme une évidence ?

 

Il est vrai que l'histoire occidentale nous est enseignée au rythme des grandes guerres qui ont scandé nos temps ainsi qu'à travers le prisme de nos religions.

Elles ont été nombreuses à teinter notre culture : animismes, druidismes, paganismes, chamanismes, polythéismes, monothéismes, judaïsme, christianismes. Et aujourd'hui, un Occident pluriel où se côtoient les différentes religions mondiales que je ne saurais citer toutes, dont l'Islam, religion montante en Occident. 

 

Les religions, faisant partie de nos cultures, définissent notre rapport au monde, nos concepts et notre identité intime, publique et collective, que nous y adhérions ou non. Elles orientent nos besoins, désirs, croyances, goûts, valeurs et comportements...

 

De tous temps, les cultures se sont confrontées à un niveau géographique et humain, par colonisations, pillages, échanges, commerce, découvertes, mariages, alliances, migrations économiques, climatiques, politiques, guerres...

Mais aussi à un niveau culturel par la littérature et l'art, les échanges d'outils et d'objets de toutes sortes, la perméabilité linguistique (importation de vocabulaire, truchement des langues...), les échanges de matériaux et de procédés, les échanges culinaires, philosophiques, de savoirs et de sciences...

 

Or les religions sont tout cela, elles sont littérature, arts, philosophie, coutumes et usages, elles sont en lien direct avec tout ce qui est culturel, le définissent ou sont définies par ces cultures, elles s'interpénètrent mutuellement.

 

Elles sont également régulatrices des liens sociaux, et définissent certaines règles sociales, et en cela elles sont politiques car elles organisent la vie publique.

Elles ont effectivement été le mobile de guerres, d'exploitation, de ségrégations, de violences diverses. En cherchant à protéger le pouvoir en place, dont elles faisaient partie, elles ont rendu possibles les pires exactions contre les peuples opprimés.

 

En Europe occidentale, nous avons connu une montée de l'athéisme, de l'humanisme et de l'individualisme, une évolution (sans jugement de valeur) qui nous a conduits au siècle des Lumières, et en corollaire, à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. 

Dés lors, il a été nécessaire que l'Eglise renonce à son rôle d'organisatrice de l'espace social. Ce qui l'a forcée à une transfiguration totale, l'écartant par là même des enjeux de pouvoirs, et la débarrassant partiellement des escarres de son règne sur les hommes. Cela a rendu à la foi sa dimension de rapport intime au divin.

 

Enjeux politiques, pouvoir, guerres... Est-ce donc là le fait de la religion ? Ou celui de l'Homme ? 

La laïcisation n'est malheureusement pas devenue gage de pacifisme, du moins, le monde actuel n'en fait pas état ! 

 

Ne refusons-nous pas l'idée d'une nature humaine belliqueuse, gagnés par l'idéal du "bon sauvage" ? en accusant des concepts que nous, humains avons nous-mêmes créés : religions, Empires, Etats ? La créature dépasserait-elle donc le maître ?

 

"Ni Dieux ni maîtres" serait-elle alors une volonté de se débarrasser de la créature, puisque le maître, c'est l'Homme ? Accuser la religion de nos enjeux de pouvoirs ne reviendrait-ce pas à rendre abstraite notre responsabilité d'humains ? Or renier sa responsabilité, c'est aussi renoncer au libre arbitre.

 

 

Nous, humains, n'oublions-nous pas que le véritable danger, c'est l'oubli de la dimension sacrée de la Vie

Mais c'est là le rôle fondamental de la religion, ou plus justement, celui de la spiritualité. L'athéisme, en nous libérant de Dieu, nous a également allégés de la sacralisation de la vie, et nous a rendus tellement dépendants d'elle tant nous sommes seuls face à elle et sans espoir, car elle est désormais dénuée d'au-delà...

Il me semble fondamental de pouvoir trouver, dans la foi et la non foi, une façon d'enrichir le sentiment du sacré et du merveilleux. Et d'entretenir la paix en soi.

 

La responsabilité aujourd'hui se situe dans la capacité à redonner du sens à tout ce qui en a perdu : la vie est fondamentale, quelle que soit notre obédience, que l'on soit religieux ou non. Redonnons du sens à la religion, dont le sens premier était "relier". Relier des personnes appartenant à une culture, à un regard collectif sur la vie...

Faisons le choix de nous questionner sur ce qui nous est présenté comme dogme, qu'il soit chrétien, athée, musulman, ou tibétain ! N'oublions jamais d'interroger la réalité, en nous laissant interpeller par ce qui nous semble couler de source car il s'agit souvent de croyances !

 

Prenons conscience chaque jour de la valeur de la Vie, et de notre propre vie ! Prenons en soin et chérissons-la...  

 

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