Comment s'émanciper de proches violents et/ou manipulateurs? Et se (re)construire...

 

Le thème des manipulateurs fait couler des flots d'ancre (et de pixels)... 

C'est sans doute que nos regards ont changé, que le privé devient d'avantage affaire de la collectivité, que nous accordons de l'importance au bien-être psycho-affectif, que les philosophes, sociologues, et professionnels de psychologie se sont penchés sur le bien-être, sur les violences diverses, sur les schémas familiaux, sur la société, sur l'idéologie et ont permis de découvrir que les fonctionnement familiaux sont une affaire publique, qu'ils sont symptomatiques de modes de pensées dominants, d'idéologies (patriarcat, machisme, dichotomie, libéralisme...).

 

Nous avons donc la chance de pouvoir nous défaire de nos schémas familiaux, relationnels violents, manipulatoires grâce à la conscience que cela n'est plus accepté comme étant la norme, que cela ne fait plus partie de l'acceptable.

Oui mais... En relevant le fait que cela n'est plus acceptable, on débusque bon nombre de comportements négatifs, toxiques, violents, et l'on prend conscience de l'état de victime et de la souffrance que ces relations engendrent.

Il n'est pas pour autant aisé de sortir de sa vie toute personne toxique, lorsque ce sont des parents, des proches, un compagnon ou une compagne... On peut alors se retrouver dans une double contrainte : être dans un état de victime et de souffrance, et être dans l'impossibilité d'en sortir.

 

La conscience est alors insuffisante au changement. Il est alors nécessaire de développer d'autres outils tels que la communication non violente, la PNL, et de se trouver des exutoires. Mais parlons tout de même de conscience de soi et de l'autre...

Quelques éléments systémiques fréquents :

 

La culpabilité de rester

 

Le phénomène relationnel classique est la culpabilisation. La personne victime, en raison de son impossibilité de quitter la relation dysfonctionnelle peut culpabiliser de rester, et peut se sentir coupable de son propre mal-être, coupable d'accepter les comportements agressifs, manipulateurs, violents, ou même de contribuer au jeu relationnel. C'est évidemment doublement destructeur. 

 

Ici, il est fondamental de se rappeler que la personne violente (si elle est adulte) est responsable. Il est également nécessaire de se souvenir de ce qui est acceptable ou non. Pour cela, il est possible de se faire accompagner par un-e thérapeute, et d'en parler à des tiers, en anonymat si l'on préfère, sur de nombreux groupes prévus pour cela sur Facebook par exemple.

 

Établir des listes, ou écrire les événements peuvent se révéler bénéfiques pour prendre du recul et revoir les situations avec une distance permettant davantage de discernement.

 

Toute victime peut avoir le sentiment de dramatiser, que c'est peut-être normal, que c'était sans doute mérité... Mais JAMAIS rien ne justifie de la violence, même imperceptible.

Une seule vérité : si vous ressentez que quelque chose vous fait violence, que vous vous sentez coincé, agressé, retourné, que vos propos sont transformés, les situations retournées de façon à vous rendre coupable... Vous vivez probablement une situation dysfonctionnelle et il est nécessaire de reprendre conscience de ce que vous pouvez accepter ou non pour votre épanouissement, votre dignité ou votre intégrité. 

Dans certains cas, ce peuvent être des malentendus relationnels, de mauvaises habitudes de rejet des responsabilités, et alors il est important de recréer un climat de confiance et une relation de respect mutuel. Pour vous y aider, Jacques Salomé a écrit de nombreux ouvrages permettant de rétablir une communication, des gestes, une attitude favorables à l'épanouissement relationnel.

Pour vérifier s'il s'agit de l'un ou l'autre cas, adressez-vous à des tiers. Il est important de retrouver les normes. Listez au besoin ce qui est considéré par d'autres comme non normal et que vous rencontrez dans votre relation.

 

Connaître ses propres besoins, désirs, limites et valeurs

 

Pour prendre conscience de la teneur d'une relation violente il est nécessaire de comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas voire ce qui est totalement intolérable. 

J'encourage toute victime (et toute autre personne) à établir des listes pour mieux se connaître. Des listes de ses besoins, désirs, limites et valeurs. Ensuite, les prendre pour justes !

 

Exemple de besoin : Si mon besoin est de garder une distance physique avec les personnes qui m'entourent, de 40cm, c'est comme ça pour moi, même si d'autres tolèrent 10cm. Je peux aussi m'autoriser à avoir besoin de 1m avec certaines personnes, et je peux apprécier être très proche de mon amoureux si j'en ai le désir. En plus, j'ai conscience que mes besoins évoluent, et je les laisse évoluer.

 

Nous sommes parfois tentés de comparer nos propres besoins et limites avec ceux d'autres personnes, afin de vérifier si l'on est dans la norme, et à chercher à se conformer davantage à ce qui devrait être normal en négligeant ses besoins. Stop!

On arrête de négocier les besoins et limites! On ne transige plus avec eux, sans quoi on n'entretient pas une relation respectueuse de soi!

On a besoin de se respecter, même si les besoins que l'on a sont jugés par soi ou par d'autres comme disproportionnés.

- D'abord on les écoute

- ensuite on les respecte (juste parce qu'ils sont là, il n'y a pas besoin d'autre raison!) ; 

- on les fait respecter le plus possible en les verbalisant... A force d'en parler, on prend plus confiance en soi, on se justifie moins, et les autres renvoient moins de jugements ou d'incompréhension ; 

- on s'habitue tellement à se respecter que ça devient naturel et cela coule de source ;

- comme on se respecte, on renvoie une image de soi pacifiée, et l'on attire des personnes respectueuses... et les moins respectueuses se lassent et sont moins confrontantes ou fuient carrément!

C'est un cercle vertueux qui s'auto-entretient! 

 

L'empathie de la victime

 

La victime de violences physiques et/ou psychologiques peut ressentir l'injustice. Face à l'extrême injustice d'être "tombé" sur des parents violents, de ne pas avoir choisi, que le destin s'acharne, on peut ressentir un non sens absolu, un arbitraire titanesque, un sentiment profond d'impuissance et de solitude. 

Pour combler ce sentiment de non sens, la victime peut chercher à trouver du sens, en comprenant ce parent, ce proche, en lui redonnant une profondeur d'humain qui a souffert... Elle se met alors en empathie avec ce proche violent.

C'est normal, et c'est même salvateur. Cela fait partie des étapes vers l'émancipation, la libération! 

 

L'empathie n'implique pas de justifier les actes de violence! Cela ne légitime pas les comportements violents! Cela ne le doit pas!

Etre en empathie implique de comprendre ce que l'autre vit, pas à moraliser ses actes ni à les accepter ou à les justifier.

 

Exemple de sentiment d'empathie : Je suis face à mon père qui a été violent durant mon enfance, je sais que son propre père a été très violent physiquement avec lui, et sans doute que cette violence a été appuyée par des violences psychologiques. Je comprends que cela ait pu détruire mon père et sa notion d'intégrité physique et psychologique et qu'il n'ait pas appris à développer de communication respectueuse et saine, et qu'il ait reçu un modèle familial où le père est tout puissant face à ses enfants, et que cette toute puissance se justifie, dans sa conception, par la violence.

Je comprends tout ceci, mais je m'en désolidarise : je n'accepte pas ses paroles, ses comportements agressifs, ses fonctionnements manipulatoires. Je les juge moralement comme inacceptables. Je n'accepte pas le type de relation qu'il impose par ses comportements et je m'en dissocie. 

 

Bien souvent, il y a une confusion entre empathie et sympathie. La sympathie est toute autre. En état de sympathie, on se reconnaît en l'autre de telle sorte que l'on se sent en lien, en affection avec l'autre. 

 

Exemple de sentiment de sympathie : Je suis face à mon père, je sais qu'il a vécu tellement de souffrances dans son enfance, je comprends qu'il refasse la même chose avec moi. Je sais que je le mets en colère comme quand son père le cognait. Je suis triste de le voir comme ça et je sais que j'ai déclenché sa colère, je sais qu'il déteste que je lui réponde parce qu'il se sent non respecté. Et comme il souffre, je devrais faire plus attention à ne plus le mettre dans cette colère... C'est de ma faute, je m'en veux tellement...

 

La sympathie d'une victime pour son agresseur conduit inévitablement à la culpabilité.

 

Pour apprendre à se mettre en empathie plutôt qu'en sympathie, on doit sortir du point de vue que l'on a dans la situation, prendre du recul, en écrivant ou en discutant. Bien que les discussions soient plus affectives en général, et vous recevriez des conseils tels que "pars", "ne lui parle plus", "fuis", etc. Si cela ne correspond pas à votre cheminement, vous pourriez vous sentir plus seul-e encore, plus démuni-e, plus incompris-e... Le mieux étant de vous faire accompagner par un-e thérapeute...

Ce n'est donc pas à n'importe quel moment que l'on peut s'entraîner à l'empathie, il faut du recul et du calme car c'est une gymnastique de l'esprit très difficile lorsque l'on n'y est pas habitué! Il s'agit donc d'être tout à fait clair sur la responsabilité de la personne toxique, violente, dysfonctionnelle... Tout en étant conscient de son humanité et de ses propres souffrances et enjeux relationnels. 

Lorsque l'on comprend ses besoins, désirs, limites, on peut prendre ce recul nécessaire. 

 

Cesser de voir l'autre comme un bon miroir

 

Nous avons tous besoin de comprendre qui l'on est, et nous nous sentons bien souvent démunis lorsqu'il s'agit de parler de nous-mêmes, on s'égare, on est confus, on ne parvient que difficilement à se définir. Rien de plus normal.

Nous avons donc besoin du regard des autres pour avoir des retours sur soi, et de nous comparer afin d'avoir des points de repères.

Les personnes ayant été victimes de parents dysfonctionnels ont subi des regards et retours négatifs, invalidants, stigmatisants, culpabilisants... 

Les adultes ayant été enfants dans ces familles dysfonctionnelles ont alors une image d'eux-mêmes brisée, entre une facette de victime, et une facette de monstre. Les deux facettes ne pouvant cohabiter en même temps, le regard sur soi est alors bien souvent écartelé : bon/mauvais, victime/bourreau, lâche/courageux, faible/fort...

Dans leurs vies d'adultes, ils peuvent rechercher des personnes qui réactivent ces mécanismes ou qui les confirment.

 

Or nous ne pouvons renvoyer d'images que selon ce que l'on est et ce que l'on croit. Ainsi, chaque personne renvoyant une part du reflet n'a qu'un petit morceau de ces reflets, une petite part du prisme. Nous ne pouvons jamais accorder à une personne le pouvoir de nous définir à elle seule... Nous ne pouvons nous priver le la multiplicité de points de vues et de reflets se complétant... Mais les reflets, même s'ils sont complets, de multiples points de vues et permettant une bonne vision d'ensemble des parts d'ombres et de lumières, cela reste un reflet... Jamais nous ne pouvons être réduit à ce que les autres nous renvoient. De plus, nous avons besoin de nous voir en évolution, car nous ne sommes jamais figés!

 

Sortir de l'état de victime

 

Notre société nous permet de trouver quelques fois, la reconnaissance d'être victime. C'est fondamental et nécessaire pour se reconstruire. 

Mais je trouve très peu de choses sur le fait de ne plus être victime... Je veux dire qu'une fois que l'on a pu le dire, cela devient très facilement une étiquette, figée... On EST victime... Dans le regard des autres, mais aussi et surtout dans son propre regard... Et c'est un terrible piège, car cela peut procurer un sentiment de confort, et nous retirer de notre propre vie.

 

Ici, il y a un choix à poser : garder le confort du rôle de victime ou s'en émanciper afin de se donner la chance de vivre d'autres choses. 

 

Attention, je ne dis pas ici que les personnes qui ont été victimes se complaisent! Ni que le fait d'être victime de violences est confortable! Je dissocie le fait d'AVOIR VÉCU une situation dans laquelle on a été victime de violence du fait de se confondre à l'ÉTAT de victime. 

On peut aussi choisir de rester dans l'état de victime, ce peut être un chemin également, que je ne juge en aucun cas. 

 

Si l'on choisit de ne plus être une victime, on doit accepter de renoncer à l'illusion de ce confort... Un confort proche de celui que l'enfant peut avoir en regardant la vie... Non adulte... Non engagé... Non responsable... 

 

Je ne peux dire que des banalités car il s'agit avant tout d'un état d'esprit conduisant à de petits actes, qui doivent se vivre, et non se dire. Il s'agit donc de faire un pas devant l'autre, de se remettre en projet, de (re)développer ses plaisirs, ses désirs, ses lieux d'épanouissements, de sourire, de revivre des moments avec soi-même, de s'offrir de l'amour, de la tendresse... Ecrire peut aider à se libérer de vécus encore trop douloureux... On doit également retrouver sa responsabilité de vie, en revenant à ses besoins et limites, à des décisions claires sur ce que l'on accepte ou non. Et en établissant ses désirs de vie. 

 

Exemple de responsabilisation : Ma limite, ce que je n'accepte pas, c'est d'être violentée par jalousie, d'être culpabilisée par un compagnon possessif, qui refuse de me laisser sortir. J'ai besoin d'être respectée dans le fait d'apprécier d'autres personnes. Je désire me trouver dans une relation où je me sente libre d'avoir des amis, de m'enrichir au contact d'autres personnes, de sortir, d'aller boire un café, ou même de passer la soirée dehors avec des copines. 

 

En reprenant ses responsabilités de vie de cette façon, on accroît sa conscience de soi, on apprend à se respecter, à être fidèle à soi, à découvrir ses valeurs, à établir un chemin de vie épanouissant... 

 

 

Et toujours toujours le maître mot : de la bienveillance pour soi!

 

 

Si vous avez besoin ou envie d'échanger sur le sujet, ou que vous pensez que l'article manque de certains points ou que je suis allée trop vite, pas assez dans le côté pratique des choses, je vous invite chaleureusement à me contacter : info@corps-et-arts.net

 

 

Belle continuation sur le chemin de la conscience et de l'émancipation!

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