Entre culpabilité et responsabilité, la voie de la liberté


La culpabilité engendre bien des maux, elle mène au conflit, à l'évitement, à la souffrance, au masochisme, au tumulte intérieur de cette petite voix qui autocensure et rajoute à la culpabilité, elle mène à l'isolement, à l'incompréhension... Et pourtant, il y a quelque chose de si confortable dans cet état... Mais qu'explique cela?

Peut-être pensez-vous que la culpabilité est l'assurance que vous n'êtes pas égoïste?

C'est une croyance fort répandue, qui prend ses origines dans notre culture et plus spécifiquement dans la culture chrétienne. Elle ne repose pas réellement sur les textes mais sur leur interprétation et sur le mode de pensée déterministe consistant à croire que l'on est coupable d'engendrer le mal en tant qu'humains... C'est en tout cas une interprétation religieuse possible, et qui a longtemps été admise. Ainsi, la repentance était le seul moyen pour recevoir le salut, le Pardon.

Ainsi, la croyance est que pour se réhabiliter aux yeux de la morale, aux yeux de Dieu, aux yeux du Juste, il est nécessaire de passer par un sentiment de culpabilité. Si je culpabilise, je me rapproche du pardon, et ainsi, je redeviens digne de la morale que j'approuve. Je me rapproche du Bien.

Pourtant culpabilité n'est pas empathie

Lorsque l'on est dans la culpabilité, on est dans un rapport entre soi et la morale, et non dans un rapport de soi à l'autre.

Observez et jugez-en vous même : lorsque vous vivez de la culpabilité, que se passe-t-il en vous? Quel est votre état intérieur, quelle est votre dialogue intérieur?

C'est certainement plus proche de : "Je suis mauvais-e, je fais toujours du mal aux autres, je suis méchant-e, indigne, égoïste..." que de : "il/elle doit ressentir de la tristesse après que je lui ai dit ceci, ça a dû faire écho en lui/elle...".

Ce n'est pas le même positionnement : le premier étant égocentré, le second faisant preuve d'empathie.

Ce ne sont pas non plus les mêmes résultats : le premier donnera place à un comportement de fuite, d'évitement, de repli sur soi, d'auto-punition... Le second aura pour effet une remise en question, et une recherche de correction de la communication et l'écoute de l'autre, une amélioration de la relation.

Entre punition et sanction

La culpabilité repose sur toute une conception, qui, aujourd'hui, n'est plus exclusivement reliée au religieux, mais s'est distillée dans l'ensemble de la pensée. Elle se retrouve dans tous les aspects de l'éducation, débouchant sur le système punitif par exemple.

Les enfants apprennent tôt que s'ils font quelque chose de prohibé, d'interdit, ils subiront la punition. Ce qui distingue la punition de la sanction, c'est que dans une punition, la réaction n'a pas de lien direct avec la cause de la réaction... La sanction en revanche s'appuie sur un principe de réparation.

Ainsi, le système pénitencier est-il d'avantage du ressort de la punition que de la sanction, à l'inverse des travaux d'intérêt général, relèvant de la sanction car ils consistent en une réparation. Personnellement, je pense que l'exclusion peut être nécessaire, mais devrait s'assortir d'éducation, de réparation.

L'origine affective de la honte et de la culpabilité

Très tôt, les petits enfants apprennent qu'ils perdent l'amour lorsqu'ils transgressent. La maman, le papa, ou la personne qui s'occupe de l'enfant aura tendance à réagir aux niveaux non verbal et verbal à tout débordement de l'enfant, à toute transgression. La sanction est immédiate : "c'est pas bien", "tu es méchant"... Retentissant sur l'enfant dont la construction identitaire est en cours, comme étant vrai. L'enfant développe un lien de cause à effet : "je prends le jouet de ma soeur => je suis mauvais et je ne mérite pas d'être aimé".

Certains enfants continueront les transgressions parce qu'à défaut d'être aimés, ils trouvent de l'attention dans la réaction de l'adulte ; d'autres développeront une auto-culpabilisation automatique face à la réprobation, ou à chaque transgression.

Prendre conscience de l'impact que l'on a sur l'autre n'implique pas nécessairement de se sentir coupable.

Dès lors que l'on comprend ceci, on peut prendre du recul sur nos actes et comportements, et juger le comportement en tant que tel, en le mettant au regard de la morale, de la ligne de conduite que l'on s'impose, et trancher de la façon la plus juste : ais-je été aligné avec ma propre conception du juste? Ais-je débordé de ce qui est moralement admis par ma communauté (pays, religion, philosophie, secteur professionnel, groupe de loisirs...)?

Cette prise de conscience permettant ensuite une rectification du comportement, et une réparation à la personne lésée.

C'est la notion de responsabilité.

Comment reprendre sa responsabilité dans le cadre d'un conflit?

Dans cette conscience de moi-même, je comprends que mes actes ont des conséquences, et je fais en sorte de choisir mes comportements, en fonction de la morale à laquelle j'adhère.

Si je déroge à cette morale, par exemple en étant violente verbalement, en accusant l'autre, en l'insultant, je me repositionne le plus vite possible :

- Je prends du recul, je m'apaise, je dédramatise.

- J'ai eu tel comportement, j'ai dérogé à ce que je crois juste. J'en prends conscience.

- J'observe et j'entends le vécu de l'autre : il exprime de la colère ou de la tristesse?

- Je comprends que mes paroles aient pu engendrer ces sentiments.

- Je m'en excuse.

- J'observe en moi : comment exprimer différemment la prochaine fois que mes émotions seront touchées de la même façon?

- Comment ais-je interprété la situation?

- Aurais-je pu interpréter différemment? Quelles auraient été mes émotions alors?

- Comment puis-je, une prochaine fois, éviter le conflit ou le résoudre sans violence?

En quoi la responsabilité amène plus de liberté?

Dans l'optique de la culpabilité, il n'y a pas de choix, pas de conscience, pas de regard extérieur sur sa réaction, mais plutôt une sorte de déterminisme : "si je fais ça c'est parce que je suis profondément mauvais, égoïste", et on est victime de soi-même, incompétent à modifier son propre comportement puisque l'on croit que c'est définitif, que cela fait partie de soi.

A l'inverse, le fait de se voir responsable est relié à une meilleure perception de sa capacité à faire des choix en conscience. C'est là la réelle liberté : le pouvoir de choisir, la conscience, permettant d'évoluer constamment, de créer sa vie, de développer les possibles, dans la direction que l'on pense la plus bénéfique pour soi, pour les autres...

Belle Lumière à vous!

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