L'empathie, entre don et souffrance...

 

Naît-on avec l'empathie? Aux origines...

Il s'agit d'une construction au sein de l'individuation... Un bébé n'a comme seuls points de repères, que ses sensations, et petit-à-petit, il construit sa perception du monde, en fonction des sensations qu'il en reçoit. La douceur d'une caresse, le piquant d'un objet pointu, la chaleur de la gigoteuse... Toutes ces sensations associées à des éléments tangibles, permettront le développement d'une "carte mentale", de représentations conceptuelles, et d'abstractions comme le sentiment de "sécurité", de "tendresse", "d'appartenance", de "reconnaissance"... 

Les premières qualités présentes naturellement chez un bébé sont sa capacité d'adaptation et de mimétisme. Le mimétisme étant la seule façon de survivre : le bébé va très tôt développer la réponse du sourire au sourire de sa maman... C'est naturellement une fonction vitale pour éviter le rejet, ressembler pour être reconnu, entrer dans le clan, être admis dans la famille, par les pairs... Le mime deviendra de plus en plus complexe, jusqu'à imiter les expressions non verbales, les gestes, les mots, les comportements. Tout ce mécanisme permet donc la ressemblance et l'intégration, mais aussi la communication, fondamentale dans la construction sociale de l'humain!

 

Une compétence à part entière

L'empathie, c'est un de ces processus d'adaptation, qui, à l'inverse du mime (observation de l'extérieur => imitation de l'intérieur), part de ce que l'on sait de sa propre intériorité, pour le transposer sur l'extérieur (observation de l'intérieur => transposition sur l'extérieur). Il s'agit d'une véritable compétence mentale, que les enfants apprennent normalement via leur entourage. A l'image des chatons qui apprennent à rentrer leurs griffes en se faisant simplement griffer par leurs frères et sœurs de portée en jouant!

 

Un processus face auquel nous ne sommes pas égaux

Chez l'humain, cette compétence se fait en fonction de l'environnement, mais également en fonction de certains éléments génétiques et donc d'un terrain. On observe que ce processus ne se fait pas, ou mal, chez les psychopathes et sociopathes par exemple. Mais il sera variable chez les individus, jusqu'à extrêmement élevé chez certaines personnalités hypersensibles. Leur hypersensibilité augmentant leur panel de sensations et d'émotions, ainsi que leur intensité, cela peut avoir pour résultat d'augmenter l'empathie.

Mais si la personne présentant une hypersensibilité est auto-centrée, parce que l'hypersensibilité est source de souffrance (c'est le cas, par exemple, des borderlines, mais aussi dans le cadre de dépressions et d'autres souffrances), la personne risque de censurer ou d'atrophier son empathie, afin de se protéger de la souffrance des autres, mais aussi par simple effet de priorisation. La souffrance interne étant toujours prioritairement analysée par le cerveau... Et oui, nous sommes égo-centrés, déjà pour la raison que nous sommes dans un seul corps, et que ce corps est notre priorité...

 

Les hyper-empathes, mentalistes

Outre l'hypersensibilité en tant que terrain, certaines hypersensibilité et empathie peuvent prendre leur origine dans des relations dysfonctionnelles, particulièrement avec les parents. Si des parents ont des comportements imprévisibles, violents, que l'enfant perçoit comme dangereux, il sera amené à d'avantage de vigilance pour découvrir les indices précédant des montées de violence, afin de les éviter, ou de les prévenir. Ces enfants peuvent alors, dans ce processus de protection, devenir de véritables lecteurs de signaux non-verbaux... Des "mentalistes"! C'est une sorte de "super-pouvoir", qui peut être valorisé dans de nombreux moments de sa vie!

 

L'empathie, vécue comme une souffrance

Pour certaines personnes, l'empathie devient une source de souffrance, par non-perméabilité aux souffrances des autres. En effet, une extrême empathie entraîne une tendance à tout ressentir. Toute expression, verbale, non-verbale, ou même au niveau de l'ambiance extérieure peut susciter chez l'empathe, un rappel d'émotions, sensations, sentiments désagréables qu'il connait déjà. Il peut ainsi être troublé par des vécus ne lui appartenant pas, en être le miroir involontaire, sans savoir d'où proviennent ces sentiments et sensations. Il sentira juste en lui, quelque chose de désagréable, une souffrance, sans en identifier la source.

 

Le centre est décentré

Pour une personne "normale", ne présentant pas une empathie extrême, le centre est soi. Chez une personne empathe, le centre est l'autre. On observe un déplacement des repères. L'autre devient le repère émotionnel, entraînant une hyper perméabilité à ses émotions, jusqu'à la confusion : on ne sait plus à qui sont les émotions vécues... Ainsi, en présence d'une personne triste, on ressentira la tristesse, même si elle ne semble pas exprimée explicitement. Il y a comme une "contagion" émotionnelle. Et lorsque c'est le cas, le risque pour la personne empathe est d'être impuissant face à des émotions qui le submergent "sans raisons"... Il sera alors nécessaire d'identifier de façon systématique quelles sont les émotions et d'où elles proviennent.

 

Que faire de son empathie lorsque c'est source de souffrance?

Tout d'abord se rappeler que c'est, au départ, une compétence de protection, et d'adaptation. Que sans cette empathie, il aurait été impossible de percevoir les indices dans son environnement, de violences possibles. Cet instinct de préservation a été fondamental pour la survie psychique et/ou physique! Il est alors important de remercier cette part de soi qui a permis la préservation. Gratitude!

Ensuite, il sera possible d'identifier et de conscientiser ces mécanismes qui se font encore, de façon automatique. C'est une habitude qui s'est installée tôt, et il est normal qu'elle soit restée ancrée dans les mécanismes inconscients : l'inconscient maintient les mécanismes de protection et de défense tant qu'il les croit utiles.

Dans chaque situation entraînant un trouble, un sentiment qui ne nous appartient pas, nous pouvons prendre conscience que nous sommes en cet instant, en train d'activer ce mécanisme : "je pressent un comportement, une attitude qui peut avoir un impact sur moi". Et il devient possible de l'analyser pour le mettre à distance : "ça ne m'appartient pas, je ne suis pas en danger, je suis en sécurité, ici et maintenant". 

Pour aider ce processus de distanciation, on peut également utiliser la lithothérapie. Je conseille de porter une labradorite, spécialement lorsque l'on va dans un lieu où l'on sait que l'on peut être en contact avec des ressentis douloureux. Cette pierre agit à un niveau vibratoire, énergétique, et permet l'absorption de ces énergies.

 

Plus on s'habitue à identifier l'émotion et son origine, soit externe, soit interne, et plus nous pouvons s'en distancier, et réagir de façon saine.

Si l'émotion vient de soi, il est nécessaire de l'entendre, de l'accepter, et ensuite de répondre au besoin qu'elle révèle. 

Si l'émotion est externe, elle peut simplement couler. On peut y réagir en partant, ou en la verbalisant. L'empathie devient alors un outil très efficace pour accompagner d'autres personnes, si on le souhaite. 

En tant qu'empathe, nous avons un "super-pouvoir" pour permettre à d'autres personnes de conscientiser leurs émotions, pour les entendre, les comprendre. Si c'est maîtrisé, on a la capacité à faire le choix d'accompagner l'autre dans ce vécu, ou de se protéger et de garder de la distance. Par exemple, je suis thérapeute, grâce à cette empathie, je comprends ce que ressentent les autres, sauf ce qui est de l'ordre de la psychopathie, de la perversion, de l'abus volontaire. Je prends la responsabilité, je fais le choix de refuser d'accompagner, et de laisser entrer dans ma vie, des personnes qui pourraient me nuire. Avant de pouvoir maîtriser ces mécanismes, j'étais une proie facile, repérée à distance, pour des vampires émotionnels, pour des pervers de tous poils. J'ai appris à me protéger en repérant ce type de personnalité, et en apprenant à distinguer mes propres émotions et besoins, en me recentrant. J'ai appris à faire la différence entre ce que je confondais : les attentes des autres et mes propres envies, besoins et limites. 

 

Je vous encourage à en faire autant, si vous vous sentez bouffés, si vous avez l'impression d'être vampirisé, ou d'être trop sensible aux émotions des autres.

 

 

Belle Lumière à vous, et que votre chemin soit empli d'enseignements!

 

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